"Mon dévidoir de l'âme"

Coucher mes pensées sur un écran vierge est comme un exutoire. Y dévercer mon flot de songes et de reflexions, y étaler la nudité de mon âme sans artifice, voilà la raison d'être de ce blog...

30 avril 2008

La Femme scorpion

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Auréolée d'un étoilé voile de nuit
Elle apparaît se dresse sans bruit
Elle use de sa beauté telle une mortelle arme
Elle me toise me menace de son charme
Au travers de mon coeur elle lance son regard
Il me blesse me transperce tel un dard
Un soudain venin passionné brûle ma chair
S'insinue aux tréfonds de mon âme amère
Ses lèvres sanguines se déchirent en un sourire satisfait
Son étreinte me presse m'oppresse m'effraie
La caresse de sa voix m'envoûte en ce ténébreux soir
Sa tendre mélopée dansant lentement sa victoire
Ma raison s'abandonne mon être abdique
Ma volonté se prosterne en une lente supplique
Mon âme plaide son salut implore sa clémence
Mais son sourire reste sourd ne brise son silence
Et lentement son exquis envoûtement me pénètre
Il court dans mes veines déferle dans mon être
Il malmène mes joies afflige mes maux
De son ton cristallin il m'enivre de ses mots
Il impose son visage au moindre de mes souvenirs
Il érige en divine idole son regard son sourire
Son parfum s'élève en une réminiscence perpétuelle
Et ma raison s'abîme en une passion éternelle
Puis d'un effleurement éthéré elle s'évanouit
En une brise légère s'enfuyant dans la nuit
Inconsciente de ce délicat et ardent poison
Qui en moi subsistera à jamais en toute déraison



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25 avril 2008

L’abeille

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Dans l’azur perdant peu à peu ses lueurs naissantes
Vient m’éveiller un doucereux bourdonnement
Une abeille auréolée de l’éclat du firmament
Chantonne avec légèreté cette mélopée envoûtante

De la langueur matinale lentement exhumé
Mon esprit encore effleuré des caresses des songes
Mon regard las dans ses mouvements se plonge
Ses envolées berçant mon être embrumé

Elle tournoie, virevolte, se cabre dans l’espace
Elle esquisse ces longues arabesques éthérées
Dont seule elle connaît les langages cachés

Elle m’éblouit, m’enivre, aussi m’agace
Je me perds dans sa danse lascive et aérée
Mon coeur titubant mon âme éméchée


A Déborah

NDLA : Ce prénom a une origine hébraique (dvora) et signifierait "abeille".



Source image : Yangge Robin   

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12 mars 2008

...

J’aimerais être...

Une infime gouttelette de pluie pour effleurer d’une fraîche caresse son visage
Un souffle de vent pour m’engouffrer vivement dans le soyeux de sa chevelure
Une chaleur estivale pour embuer sa peau de moiteur et muer son satin en or
Un frisson soudain pour me faufiler sous ses vêtements et cheminer le long de son corps
Un intense parfum pour embrasser le galbe de sa nuque de senteurs épicées ambrées boisées ou fleuries
Un murmure pour naître au creux du rosé de ses lèvres et m’habiller du cristal de sa voix
Une passion pour étreindre de volupté son être et flamboyer au plus profond de son âme
Une mélopée veloutée pour résonner d’une douce et langoureuse mélancolie au coeur de son esprit

Mais je ne suis rien de tout cela...
Simplement quelques mots jetés maladroitement sur un écran...

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23 octobre 2007

Petit journal pour une belle ... (suite)

Jeudi 11 octobre,

Belle inconnue,

Depuis quelques jours,  je te vois rituellement apparaître et disparaître de cette rame de tête. Parfois ai je le bonheur de te contempler,  parfois n'es tu qu'une silhouette fuyante sur le quai de Charles de Gaulle-Etoile et je prends conscience, baigné d'une soudaine ténébreuse mélancolie, que tu étais dans cette rame mais invisible à mon regard.

Toujours tu m'ignores. En fait, je ne crois pas que ce soit réellement le terme approprié : tu ne feins pas de ne pas me voir, je crois d'avantage que tu n'as aucune conscience de ma présence et de ma contemplation!

J’ai la sensation d’avoir franchi les limites du passé et de me trouver quelques mois auparavant lorsque tu n’avais aucune conscience de mon existence et que je t’admirais ces matins où la providence hasardeuse me le permettait.

En un sens, il en est peut être mieux ainsi: je préfère que tu ignores ma présence – consciemment ou non – plutôt que tu me fuis...

Et aujourd’hui, comme tant d’autres matins, tu apparais dans ce wagon, tu gravis les quelques marches et tu t’installes à un des rares emplacements assis encore libre. Et, la chance veut que tu sois face à moi...

Mon esprit caresse lentement de son souffle invisible et impalpable, les moindres détails de ta beauté angélique, de tes lèvres veloutées, de tes pommettes ensoleillées, de tes mèches de cuivre et d’or. Mon âme se perd dans l’intensité de jais de ton regard errant pensivement, tente de s’imprégner des moindres courbes de ton visage, du moindre éclat de ta peau, de la ligne rosée de tes lèvres, de l'angle délicat  de tes sourcils, afin de les graver au plus profond de ma mémoire, là où le reflet de ta perfection demeurera pour l'éternité.

Soudain, ton attention tombe sur moi ; fugacement, nos regards se croisent, se choquent avant de se fuirent. Je sens une certaine surprise en toi. Une désagréable surprise. J'imagine les mots qui ne se sont pas dessinés sur tes lèvres: “M..... , c'est lui! Il est là!”.

Je souris à cette idée...

Et je souris de plus belle lorsque tu te dissimules derrière ton roman de Kate Chopin, “The Awakening” -- toujours en version originale. Tu t'installes dans une position indéniablement des plus inconforables afin de te soustraire à ma contemplation...

Malgré moi, mes lèvres se fendent d'un rire étouffé.

Il me semble parfois soupçonner un regard déviant brièvement de ta lecture et vérifiant que l'importun que je suis, s'attarde toujours sur toi...

Mais peut être n'est ce là qu'une impression. Peut être n'est ce là qu'un espoir.

Je ne connais  le fond de ta pensée à cet instant. Simplement, je préfèrerais y trouver de la rancoeur, de l'inimitié voire de la haîne plutôt que de l'indifférence... 

Charles de Gaule - Etoile.

La voix froide et monocorde annonce la station. Tu ne lèves pas les yeux, tu sembles si absorbée par ta lecture... Toujours un subterfuge pour ne pas avoir à affronter ma contemplation. La rame ralentit et stoppe. Tu te lèves sans quitter ton roman du regard. Tu ne le quitteras pas jusqu'à t'engouffrer dans les couloirs de la station.

Là encore je souris à cet étrange comportement bien incommode...

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04 octobre 2007

Petit journal pour une belle... (suite)

Mercredi 3 octobre

Belle inconnue,

Il me semble que jamais plus, je ne te verrai à nouveau...

Cette pensée s'est imposée quelques jours auparavant comme une évidence. Comme, inévitablement, ce jour rosé pointant à l'horizon, emmitouflé d'un manteau brumeux, chavirera dans des écumes orangées, pourprées et violacées et sera englouti dans une nuit cloutée de gemmes étincellants. Comme, inévitablement, l'enfantement est le prologue d'une Vie et le trépas en est l'épilogue.

Sorte d'évidence irréfragable,  ne pouvant souffrir de la démonstration contraire.

Cela m'est insurpportable, pourtant je l'accepte. Car telle était justement, dès l'origine, la règle du jeu, de ce jeu de contemplation, ce jeu dont j'aurais aimé qu'il se mue en jeu de séduction. Juste quelques regards, juste quelques sourires, juste quelques mots et partie terminée. Définitivement. Telle est la dure loi du jeu! Mais je me suis laissé gagné par la fièvre de ce jeu ;  je désire d'avantage, lancer encore et encore une nouvelle partie et chaque fois aller toujours plus loin, vaincre toujours plus d'obstacles. Toutefois, cette partie ce joue à deux et non en solitaire. Tu as vaincu lors de l'ultime manche et tu ne désire remettre cette victoire en jeu.... Soit! Je ne peux que l'accepter ! Mais je ne pourrai en oublier chaque instant, je ne le désire en rien. Je ne veux que l'esquisse de ton visage s'estompe avec le temps ; je ne veux que l'éclat de ton regard palisse avec les affres de l'oubli ; je ne veux que le cristal de ta voix se perde comme s'effacent les mélodies de nos enfances. Je veux tout conserver de toi, chaque regard, chaque posture, chaque mimique, chaque sensation!

Je ne veux ni même ne peux t'oublier...

Peut être, chère inconnue, ces quelques mots seront-ils les derniers.

Sache seulement, que je n'ai jamais été irrespectueux à ton égard, ni même désirer, en quelques façons, te blesser. Mais si, par mes actes, mes comportements, mes mots, tel a dû être le cas, accepte ce jour mes infinies excuses.

Le RER débouche dans la station Etoile. Perdu et éperdu dans mes songes, mon regard tombe sur ce quai où se presse toute sorte de gens avide de s'élancer dans cette rame, coûte que coûte.

Et là, tu apparais, t'extrayant de ce wagon et disparaissant dans les couloirs au milieu de la foule.

Mon souffle se suspend un bref instant. Tu étais donc dans ce wagon mais à un autre niveau!

Chaque jour, pourtant, j'épie les personnes attendant sur le quai de Houilles Carrières sur Seine, espérant te voir. Mais, ce jour, persuadé de ne t'apercevoir, je suis resté emporté par mes pensées.

Le jeu serait il relancé? Peut être, mais avec de nouvelles règles !

Nul mot, nul écrit, nulle parole (sinon celle de plus pure courtoisie, il va de soi!) et nulle tentative (vaine?) de séduction. Juste quelques regards. Bref, un simple jeu de contemplation, rien de plus.

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28 septembre 2007

Petite journal pour une belle... (suite)

Mardi 25 septembre

 

Belle inconnue,

 

Ces quelques jours, se sont succédés de mornes instants sans pouvoir t’apercevoir, sans pourvoir te contempler, sans pouvoir tenter de découvrir dans un regard ou dans un sourire, une étincelle infime  ou un murmure dérobé susceptible de me révéler l’impact de mes mots.

Et ce jour semble devoir invariablement poursuivre cette lignée du Destin. – Comme tu le vois, je commence à appréhender la notion de Destin et à envisager son existence au lieu de ne voir que aléas et hasard. Ma rationalité commence à défaillir, à lâchement battre en retraite face à la Passion...

 

Evidemment, ai je tenté de déceler quelques significations à ces “non-apparitions” quotidiennes. T’aurais je effrayée par mes mots? Ne serait ce là qu’une simple manoeuvre afin d’éviter une éventuelle tentative d’intrusion dans ta vie? Ou est ce simplement une succession de fâcheuses coïncidences?

Je ne le sais et ne le saurai sans nul doute jamais...

 

Aux instants suivants la remise de mes mots, avais-je songé que même si tu ne devais plus apparaître à nouveau dans ce RER, même si nos bribes de chemins d’existences communs devaient se scinder ici et maintenant, j’avais la certitude que désormais tu savais ce que je pouvais ressentir chaque fois où tu apparaissais et que cela suffisait...

J'avais tort.

Il m'est infiniment difficile d'imaginer que jamais plus je pourrai t'admirer à nouveau...

 

Mais, ce jour, contre toute attente, contre tout espoir, comme en réplique à cette dernière pensée, tu apparais.

Il me semble que le hasard – le Destin? -- prend un plaisir cruel à se jouer de moi...

Bel ange à la chevelure couleur d'aurore et au regard teinté d'une nuit éclatante, je te distingue quelques trop brefs instants entre deux personnes.

Tu es suivie d'un homme qui te cède l'unique place assise encore libre de ce wagon, en réel gentleman, tandis qu'il s'assure un semblant d'équilibre non loin de toi. Mais pour mon plus grand désarroi, je ne peux alors plus te contempler !

Soudain, l'homme s'incline vers toi et te lances quelques mots inaudibles dans le brouaha ambiant. Tu lui réponds – je devine la douceur cristalline de ta voix même si je ne peux l'entendre – et s'entame une brève conversation entre vous, entrecoupée de longs et lourds silences.

Une subite pointe de jalousie jaillit en moi. J'envie cet homme pour avoir tenté et réussi ce que je n'ai jamais eu le courage d'entreprendre: simplement te parler! Mais j'en viens à le hair pour sa tentative de séduction quoiqu'a priori, au vue de tes réaction, vouée à l'échec. (à mon grand contentement?)

Et je l'étudie, un sombre éclat vindicatif dans le regard que je peine à dissimuler (mais le cherche-je réellement?)

Il est grand et mince, les cheveux courts bruns. Il est vêtu d'un costume sombre à la coupe semblant irréprochable.Il se tient de dos, une sacoche de cuir noir fermement enjôlée entre ses jambes, je parviens parfois à apercevoir son profil. Il a certainement les yeux bruns et semble  – ma foi! -- avoir un certain charme sans pour autant être objectivement bel homme (mais suis je le mieux à même de juger cela?)

 

Et les station s'enchaînent et peu à peu la foule se dissout.

Je peux enfin distinguer ta beauté, mais ta posture m'interdit de contempler ton regard. Qu'importe! Je me perds allégrement dans l'adoration de la tendre courbe de ta pommette, la ligne délicieuse de ta mâchoire débouchant sur ton menton, le rosé de la commissure de tes lèvres, l'arrête délicate de ton nez, l'angle éfilé de ton sourcil...

 

 

A l'approche de ta station de destination, tu te lèves lentement, tu adresses quelques derniers mots à l'homme brun toujours debout auprès de toi.

 

Et, subitement, vos lèvres se joignent brièvement...

 

Je reste supéfait, ébahi...

Rien dans vos comportements respectifs ne pouvait me préparer à cette issue.

Ainsi est ce lui, celui qui partage ta vie, celui dont j'avais soupçonné l'existence longtemps auparavant !

Je détourne le regard, quelque peu désabusé. Je te vois disparaître dans les couloirs de Charles de Gaule-Etoile de ton pas rapide au travers ddu verre maculé.

 

Effectivement avais je eu quelques doutes...

J'avais distinguer ces bagues que tu portais invariablement chaque jour. Tout autre bijou muait au rythme des journées ou de tes humeurs, mais jamais ces deux bagues. Et il n'est que les gages d'amour que l'on prend soin de passer rituellement chaque matin, pour garder l'être aimé auprès de soi lorsqu'il est au loin.

Puis, je ne pouvais raisonnablement concevoir qu'une jeune femme d'une telle beauté puisse être seule... Mais c'était là d'avantage une impression qu'une réelle déduction.

 

Mais mon esprit sceptique, virevoltant parfois aux confinement d'une légère paranoia, me dicte une interprétation de ce baiser: ne se pourrait il pas qu'il s'agisse là d'une sorte de  mise en scène, un affichage public délibéré de votre amour, destiné à me signifier un message : « Je suis en couple, je suis heureuse, alors cessez de m'importuner! »

 

Je souris.

Quel raisonnement absurde! Ma Raison est leurrée par ma colère, par madéception. Je ne pensais guère être sujet à une telle bassesse. Mais je suis Homme, tributaire des pulsions d'un cerveau reptilienjugulé mais non annihilé depuis quelques milliard d'année.

Colère, déception, certes, mais non à ton encontre, ni à son encontre, mais contre la fatalité, les affres de l'existence qui confirment brutalement, parfois douloureusement, ces doutes, qui nous obscurcissent le coeur et dont on espère  -- consciemment en vain – qu'ils ne se vérifient jamais.

Il est certes des vérités plus blessantes, plus abominables que celle ci, mais il n'en est pas moins que la colère et la déception, quoi qu'à un degrés somme toute infime à l'échelle d'une Vie, sont présents aux tréfonds de mon âme...

 

Ah! Je me hais bien d'avantage que je ne pourrais le hair lui!

D'ailleurs le hais je vraiment?

Etrangement, mon resentiment à son égard était il bien plus grand lorsqu'il me semblait qu'il tentait de te séduire (puisque rien ne pouvait alors me révéler que vous étiez tous deux en couple) que depuis que je connais ce lien qui vous unit. Je ne ressens pas de réel jalousie non plus, peut être tout de même une once d'envie et essentiellement un espérance : puisse t'il avoir conscience de sa chance d'être uni à un jeune femme telle que toi!

Certes, je ne connais réellement de toi que quelques goûts littéraires et ta beauté, mais je ne doute aucunement que ton âme et ton être aient le même éclat. Shakespeare écrivait : « les yeux sont les fenêtres de l'âme ». Et ce que j'ai pu déceler au plus profond de ton regard est magnifique.

 

Ah! Je me hais d'avoir imaginé un tel machiavélisme sournois en toi. Je ne peux te penser capable de telles manipulations et manigances. Pourquoi mettre en scène ce baiser , alors qu'il aurait été bien moins complexe d'éviter ma présence? Étatn donné la teneur, brièveté et les conditions de nos « rencontres » (terme bien mal adapté) , il était plus aisé d'agir en sorte qu'elles ne surviennent plus. Un RER reste bien assez vaste pour cela!

 

Ceci étant, peut être n'es tu pas mécontente que j'ai surpris ce baiser ( encore que ne suis je pas même certin que tu m'es remarqué dans ce RER). Cela évite toute explication, toute mise au point, toute confrontation avec un inconnu dont tu ne peux prévoir  les réactions.

Je le comprendrais. Moi même ai je préféré contourner une confrontation directe par une lettre.

Mais si ton attente est que je cesse définitivement de t'importuner, je suis au regret de devoir t'avouer qu'elle sera qu'à demie réalisée. Je ne peux délibéremment me contraindre à ne plus t'admirer dès que la possibilité se présente. Ceci est hors de mes forces. Contempler ta beauté sera l'unique plaisirqui demeurera en ta présence, comment pourrais je m'en priver intentionnellement?

Sache, en revanche, que jamais  je ne t'importunerai par une parole (sauf politesse ou courtoisie de rigueur) ni par mes écrits dorénavant. Mais cette décision, l'avais je prise au lendemain de ma lettre, bien avant ce baiser, mon dessein  n'étant pas de te harceler mais que tu saches. Toi seule peut décider de réagir ou non, ce quelque soit ta réaction. Je ne peux, par un comportement, une parole, un écrit, t'imposer de choisir, de décider. Tu demeure bien évidemment libre d'agir ou non.

 

Etrangement, je n'ai guère la sensation que mes chances de toute réponse se soient amoindries avec cet événement. Que peut il exister de plus faible  que des chances « inexistantes »?

Il n'est que dans les drames de Hugo qu'une Etoile peut porter un quelconque intérêt à un vers-de-terre...

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25 septembre 2007

Petit journal pour une belle... (suite)

Mardi 18 septembre

 

Belle inconnue,

 

Début de journée comme tant d’autres...  L’esprit est encore trouble, les gestes lents, les muscles encore sous le joug de cette nuit désormais évanouie.

Lorsque je foule le sol de cette gare, que je gravis ces quelques marches, que j‘arpente le bitume de ce quai, une seule image semble annihiler toute autre: ton regard. Quelques mètres, auparavant, maintes pensées, des plus sensées et rationnelles  au plus extravagantes et déstructurées, s’élevaient dans mon crâne, y soufflaient, dans chaque recoin, leurs mots silencieux, leurs mélodies muettes,  leurs images invisibles. Pourtant, au premier pas sur ce quai, toutes disparaissent pour ne converger que vers une seule et unique: toi.

Mais ce jour, les espoirs de te contempler restent minces. Réveil trop hasardeux, départ trop lent, arrivée ici trop tardive.

Pourtant, le hasard est mon allié!

Je vois la foule amassée sur ce quai. Un bref regard sur un panneau d’affichage et je saisis: défaillance technique ou autre – peu importe – le RER précéédent n’est jamais arrivé en gare...

Je souris. Je remercie les aléas. Tout espoir n’est plus vain!

Le sol vibre, m’extrait de mes songes. Je m’installe dans ce wagon de tête, au niveau inférieur, comme à mon habitude. Non... Comme à ton habitude!

Subitement, je décèle un feuillet aux tréfonds de mon sac.

Et j’écris. Je t’écris...

Je te prie de me pardonner pour cette intrusion inopportune dans ta vie, pour mes attentions insistantes. Je décris ma contemplation, je m’attarde sur ta beauté, ton regard, ton charme. Et j’annonce finalement n‘attendre aucune réponse de ta part, ni même un regard, ni même un sourire...

Et je signe: un contemplateur inconnu...

Quelques mots égoïstes, présomptueux, maladroits...

Je ne relis pas, de crainte de perdre tout courage, et plie le feuillet d’une main mal assurée.

 

Houilles Carrières sur Seine.

Tu apparais. Toujours aussi belle, ton charme n’enivrant toujours avec la même intensité.

Au fil des arrêts, la foule s’est engorgée dans ce train, s'appropriant tout emplacement assis. Tu restes donc debout, cherchant un équilibre adossée inconfortablement contre un dossier de siège. Je ne peux te laisser ainsi, je ne peux que m’effacer. Je te cède ma place. Tu murmures un remerciement presque étonné et tu t’absorbes une nouvelle fois dans la lecture des pages finales du même roman de Susanna Clarke, comme chaque jour.

Pour la première fois depuis que j'ai été envoûté par ta beauté, ai je perçu le timbre de ta voix!

Une tonalité délicieuse, délicate, presque trop légère, d'une douceur aussi éthérée qu'une caresse subtile et veloutée effleurant mon âme.

Une nouvelle fois, je suis subjugué... Comme par tout ce qui peut émaner de toi...

Je crois que je suis resté un instant avec un fin sourire dessiné sur les lèvres, un de ses sourires  presque béats d''enfants à qui on vient d'offrir une confiserie.

Et les gares s'enchaînent, des personnes disparaissent et d'autres apparaissent. Puis, je parviens à m'installer face à toi, en toute indiscrétion.

Tu me lances un regard. Je souris. Un sourire stupide, hébété, niais... Dans mes rêveries éveillées, j'imaginais d'avantage un sourire enjôleur, séducteur, mais surtout pas ce sourire...

Instantanément, tout ton esprit plonge à nouveau dans le fil de cette narration qui te tient en haleine depuis quelques temps déjà.

Evidemment, je ne peux que te contempler, mes doigts enserrant ces mots, rédigés à la hâte peu de temps auparavant, d'une poigne moite.

 

Charles de Gaule-Etoile.

A ton habitude, tu te lèves tardivement.

Pris d'un élan de courage que je ne me connais guère, je me penche vers toi, balbutiant quelques mots quasiment inaudibles.

« Veuillez accepter ceci... »

Tu hésites en considérant le feuillet porté à ton regard. Tu es réellement surprise voire peut être stupéraite par ce geste inattendu. Je le suis également, étrangement...

J'insiste.

« S'il vous plaît... » implore-je presque.

« Merci... »

Un murmure, ton étonnement toujours dirigé vers ce feuillet.

Tu disparais...

 

Je ne sais ce qu'il est advenu de cette infime confession. Je ne sais si tu l'as lue ou non. Je ne sais si elle s'est trouvée froissée ou déchirée et déposée dans une corbeille.

J'aimerais qu'elle ait été déchirée...

On ne froise que ce qui n'a que peu d'importance, on ne déchire que ce qui en a...

Et peu à peu, il m'apparaît clairement que je t'ai menti dans les derniers lignes de cette lettre : si effectivement elle n'attend aucune réponse, j'aimerais pourtant croiser un regard ou un sourire, ne serait ce pour savoir si mes mots t'ont touchée, troublée ou bien s'ils t'ont  laissée insensible...



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12 septembre 2007

Petit journal pour une belle ... (suite)

Mercredi 12 septembre 2007:


Belle inconnue,


Tu m’es une nouvelle fois apparue...


Mais, ce jour, il n’est aucunement question de destin ni même de hasard.

J’ai en toute conscience agi en sorte de pouvoir m’installer dans ce RER précédent celui de mon horaire habituel, dans le seul dessein avoué de t’y rencontrer ; j’ai opté intentionnellement pour ce wagon de tête, sachant que tu l’emprunterais inévitablement, et pour ce niveau inférieur, car étant celui le moins comble.


Et j’ai espéré, presque prié...

Et mes “presque prières” ont été exhaussées puisque je t’ai aperçu sur ce même quai que la veille.

Selon mes prévisions, tu t’es avancée vers ce niveau inférieur, lequel regorgeait encore de quelques emplacements libres ça et là. Tu as hésité un instant. Puis, contre toute attente, tu t’es installée une nouvelle fois face à moi.  Je crois qu’à cet instant c’est dessiné sur mon visage un mince sourire de contentement que je n’ai pu réprimer.


Mais comme à ton habitude, tu t’es plongée dans ton roman.

Jonathan Strange & Mr Norrel” de Susanna Clarke, ai je pu lire.

Une histoire de rivalité entre deux sorciers dans l’Angleterre du début du XIXème siècle me semble t’il...

Je vois avec plaisir que nous avons les mêmes goûts quant à nos lectures...


Bien sûr, une nouvelle fois, n’as tu pas détaché ton intention de cette oeuvre.

Bien sûr, une nouvelle fois, n’ai je pas détaché mon intention de ton visage.

Et une pensée a hanté ce trajet: mon dieu, elle est absolument magnifique!

J’aurais aimé que mon âme prononce ces mots avec tant de vigueur et de ferveur afin que tu les perçoives malgré le silence! Mais nous ne sommes pas dans un roman de Susanna Clarke...


A l’approche de ta station de destination, tu as délaissé ton roman.

Une nouvelle fois, un trop bref instant fuyant, nos regards se sont croisés.

J’aurai aimé pouvoir prononcer cette phrase qui avait maintes fois pris forme dans les méandres de mon esprit: «  Madame, on vous l’a sûrement déjà beaucoup dit, mais vous êtes absolument magnifique... »

Mais les mots n’ont pu jaillir de mes lèvres.


Et tu t’es enfuie, une nouvelle fois.

Sans un regard, une nouvelle fois.

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11 septembre 2007

Petit journal pour une belle...

Mardi 11 septembre 2007



Chère Belle inconnue,


Permets  moi, tout d’abord, de te tutoyer. Un simple “tu” peut conférer bien plus de respect et de politesse à un discours, qu’un “vous” inadapté.


Tu m’es apparu aujourd’hui, presque par enchantement, du moins, alors même que rien ne pouvait le présager...


J’avais songé à toi, quelques minutes auparavant, au creux de mes somnolences bercées par les ondulations de ce serpent d’acier. Soudainement, m’avait percé l’âme, la désagréable pensée que je m’étais faufilé in extremis dans ce train précédant celui que j’empruntais à l’habitude, celui au sein duquel je pouvais généralement te contempler  chaque jour. Et l’issue logique et inéluctable de cette pensée m’avait déchiré un fragment d’âme, celui qui tous les matins espèrent croiser ton regard...


Pourtant, ce train laissant mourir lentement sa course effrénée en gare de Houilles Carrières sur Seine, je t’ai vu apparaître brusquement sur ce quai d’abord fuyant puis figé. Tu étais vêtue sobrement comme à ton habitude: un manteau fauve boutonnée jusqu’au col s’étirant de mi cuisse jusqu’à une écharpe ocre de fin tissu ; un simple jean aux reflets d’un saphir cristallin surmontant des chaussures lacées d’un cuir aux teintes havanes ; un  sac besace au tissu maillé écru comme bandé ça et là de quelques  pièces de  cuir marron, se balançant sur sa bandoulière, fermement accrochée à ton épaule, à chacun de tes mouvements. Tu t’es frayée un passage dès l’ouverture des portes et es venue t’installer face à moi - unique place assise libre - à mon grand contentement.


Bien sûr, je n’ai cessé de te contempler ...

Bien sûr, tu n’en as pas eu conscience...


Tu t’es plongée instantanément dans ce roman que tu enserrais déjà entre tes mains. Un roman en anglais dont je serais bien un incapable de donner le titre.

Je sais, alors, que tu le liras sans lever le visage jusqu’ à la station Charles de Gaulle-Etoile. Puis tu t’enfuiras sans un regard pour disparaître dans les méandres des couloirs de ladite station.


Et je t’observe avec une adoration quelque peu ébahie que je peine à dissimuler.

Fort heureusement, tu es trop absorbée par ta lecture pour en avoir conscience.

Fort heureusement, chacun ici est trop absorbé par son occupation pour en avoir conscience.


Je caresse du regard la courbe délicate de ton visage, le dessin légèrement et artificiellement pourpré de tes lèvres fines esquissant , l’éclat de ta peau doucement attisé d’un discret fond de teint, ce sobre et sombre bronze feutré nuançant tes paupières. Je remarque tes boucles d’oreille: sphères minérales aux effets marbrés, de tailles différentes et tombant en un cours chapelet le long de ta nuque ; il me semble d’ailleurs que tu en portes chaque jour du même style: quelque peu tribal – même si ce terme n’est en définitive guère approprié. J’aime tes mèches cuivrées, parfois aux reflets dorés, et  courtes outre celle naissant au dessus de ton front et s’effilant lentement jusqu’à ton menton dans un dégradé suivant amoureusement la ligne de ta pommette .  Auparavant, tes cheveux châtains retombaient, en une vague parfois délaissée à ses propres desseins, jusque dans ta nuque et aux confinements de ta mâchoire.

Depuis peu es tu coiffée ainsi. Et je dois avouer que je te préfères ainsi : cela  ne fait qu’exalter cette beauté qui m’avait déjà tant envoûté.


Je m’amuse tendrement de tes expressions changeantes au fur et à mesure de ta lecture: tantôt stupéfaction, tantôt doute, parfois une once de tristesse dans le regard. Il me semble que ton souffle se rythme au déroulement du récit, qu’il peine à s’extraire ou s’accélère soudainement et de temps à autre  se suspend un bref instant. Tes doigts fins aux ongles courts parfaitement taillés enchaînent les feuillets à la cadence où ton esprit s’enflamme de cette narration.

Je surprends une bague à chaque annulaire, dont une dont il ne peut guère avoir de doute sur son origine : une alliance !

Suis-je déçu?

Non... Comment puis-je raisonnablement croire qu’une femme d’une telle beauté puisse ne pas être chérie et aimée ?

J’ai simplement un espoir : celui que tu es effectivement heureuse...


Station La Défense.

Tu sors momentanément de ta lecture  pour t’en assurer.

Hommes et femmes se remuent ; rangent PDA, romans, journaux et autres lecteurs mp3 ; se bousculent avec plus ou moins de politesse; s’extirpent de ce train à toutes jambes, laissant leurs places à d’autres. La rame s’engouffre à nouveau dans les ténèbres.

Tu délaisses lentement  ton roman, t’intéressant brièvement à la multitude t’environnant.


Je capte soudain ton regard.

Un envoûtant regard de nuit d’une profondeur absolue et d’une intensité vertigineuse. Un regard presque trop sérieux, presque trop froid, sous la courbe anguleuse de tes sourcils. Un regard dans lequel je soupçonne une infime teinte de surprise, peut  être d’interrogation, peut être de crainte, face à mon insistance.

Instantanément, mon souffle se fige ; ma poitrine résonne de la chamade assourdissante de mon coeur ; je me sens successivement blêmir puis m’empourprer.


Pourtant, je ne fuis pas ton regard. Je m’abandonne au creux de sa splendeur, me perd dans ses éclats de jais, virevolte entre ses scintillements dorés.

Je demeure absorbé dans cette contemplation quelques trop brefs instants mais  tu le détournes, peut être gênée, peut être troublée, peut être simplement mal à l’aise.


Je ne peux détacher mon attention de ta beauté. Un instant fuyant, nos regards se rencontrent à nouveau, mais cette fois ci, je cède...


La rame ralentit puis s’immobilise.

Et, rapidement, tu disparais dans les dédales de la station Charles de Gaulle - Etoile.

Sans un regard..


Il ne me reste alors plus que le souvenir de ta beauté pour me contenter.

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06 août 2007

Ma douce sirène

sirene



Attise mon âme de tes charmantes mélopées
Attire mon être vers tes douces contrées
Echoue mon navire sur tes saillants écueils
Afin qu’au creux de tes bras je me recueille

Posté par darth_seethus à 15:44 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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